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    August 08

    Into the wild...

    La Mongolie est une destination particulière pour les backpackers. L'absence de véritables transports en communs et de structures pour le tourisme en rend l'accès difficile. La solution la plus simple est de faire le tour des Guest House d'Ulaan-Bataar qui proposent des packages ou des excursions a la carte avec chauffeur, guide, etc... et de trouver des covoyageurs par le biais de petites annonces et/ou avec la chance. De notre côté pour pousser la chance on a parcouru le net pour former laborieusement notre petit groupe de 4. Et c'est encore une fois la chance qui m'a fait rencontrer deux suédois à Kunming qui m'ont parlé de la GuestHouse par laquelle nous sommes passés pour organiser notre séjour. Comme quoi le chat noir n a pas toujours de la malchance ....

    C'est donc à Pékin qu'on fait la rencontre de Nico et de Marie et le courant est tout de suite bien passé entre nous. Nous voici donc tous les 4 dans notre compartiment 'Soft Sleep' du transmongolien. Le trajet est plutôt sympathique malgré les 5 heures d'attente à la frontière. Le paysage de natures aux fenêtres est bien loin du modernisme de la capitale chinoise.

    On ne prend pas trop le temps de visiter la capitale Mongole à notre arrivée, et dès le lendemain, accompagnée d'Ogie notre guide-cuisinière et de Raymond (son vrai nom étant imprononçable) notre chauffeur, nous voici parti à la découverte du pays de Chinggis Khaan (enfin juste le sud et le centre)

    Mongolie Mongolie

    J1-

    A moins de 30 minutes de la capitale, on quitte déjà la civilisation. Derrière les fenêtres de notre combi 4x4 de fabrication Russe, le paysage qui s'offre à nos yeux est beau et serein. A perte de vue s'étendent des plaines et collines verdoyantes où galopent des chevaux sauvages et paissent des troupeaux de chèvres. Parfois, à quelques mètres, un rapace prend son envol dans cette immensité. Un cavalier mongol, cowboy du fareast mène ses bêtes vers l'un des rares points d'eau. On croise quelques gers, habitation typique mongole, plus proche d'une tente que d'une maison. Anachronisme amusant, certains sont équipés d'un panneau solaire et d'une parabole; on n'échappe pas au progrès... Et lorsqu'on coupe le moteur pour marcher un peu, c'est une incroyable musique de silence qui accompagne nos pas. Non seulement le paysage, mais tout ce qui nous entoure est extraordinaire.

    De plus près la végétation n'est pas si luxuriante, des millions de mauvaises herbes qui essaient de pousser sur un sol aride. Mais quand on regarde l'ensemble, on a l'impression d'être dans un désert vert.

    On visite un ancien monastère dont il ne reste que quelques pierres. Ici, des arbres chétifs ont réussi à grandir, un peu, mais leur espérance de vie nous semble bien ténue car la rivière qui les nourrissait s'est asséchée depuis plusieurs années.

    Le soir, spectacle atypique, alors que l'un se couche et l'autre se lève, le soleil et la lune se font face l'espace d'un instant. Le rendez-vous est donné, le 1er aout, une éclipse éteindra une journée mongole pendant quelques minutes.

    J2 -

    Aux aurores, après notre sandwich chocolat, kiri, pomme, tomate (no comment sur la nourriture mongole...), on reprend la piste pour plusieurs heures de bosses, de creux et de virages poussiéreux. Doucement les collines se fondent dans la plaine et les touffes d'herbes s'effacent laissant place à un sol sec et rocailleux. L'horizon est parfois aussi plat qu'un océan et notre regard porte si loin que l'on devinerait presque la courbe de notre planète. Le maigre relief qui subsiste au loin n'offre que des couleurs ocre et sable. La vie se raréfie, les habitations solitaires beaucoup moins présentes, et mis à part les carcasses nettoyées par les charognards et blanchies par le soleil, on ne croise que des chameaux.

    On arrive dans la plus grande ville du Sud: Dalandzadgad, 15300 âmes. Je comprends vraiment la population qui préfère vivre dans un simple gers car j'ai rarement vu ville aussi triste. On visite les 3 petites pièces du musée local qui contient des restes d'os de dinosaures et quelques jolies pièces culturelles. On est tous impatient d'entrer dans le plus grand désert du monde: le Gobi.

    Mongolie Mongolie

    J3-

    Le petit-déjeuner est toujours une surprise: ce matin sandwich nutella, omelette, bacon reconstitué avec sa petite déco tomates-concombres. J'ai hâte de découvrir celui de demain!

    On sort de la ville et le paysage aussi ne cesse de nous surprendre. Décor d'une autre planète, au loin dominent des montagnes rocheuses et sombres, presque noires... On s'aventure dans ce relief ou l'on est accueilli par des dizaines d'espèces de marmottes sifflant à notre passage. Préservée à l'ombre, la montagne garde précieusement quelques souvenirs de l'hiver: un maigre glacier. C'est assez étrange de voir ce morceau de glace au cœur du désert.

    On reprend la route, chaotiquement, car notre véhicule souffre de la chaleur et on doit lui accorder quelques pauses. Le paysage continue sa métamorphose et le sable vient jouer son rôle dans ce spectacle. Peinture surréaliste que ce décor à 3 plans: d'abord la plaine verte, puis les dunes ensoleillées et enfin la montagne sombre surplombée par un ciel nuageux magnifique.

    Etape du soir dans un camp de nomades troublée par le pleur des chameaux et arrosée d'airag (lait de jument, yark ça arrache!)

    Mongolie Mongolie

    J4 -

    Réveil sous le ger et petit-déj sans nouvelles surprises gustatives (dommage...)

    C'est à dos de chameau, callés plutôt confortablement entre les bosses que l'on part se promener dans la matinée. Ballade tranquille rythmée par les flatulences de nos montures. Pas très dociles entre nos mains, Nico et moi parviendront tout de même à obtenir quelques foulées un peu plus dynamiques.

    Alors que le soleil décline, on part gravir les 300m de dunes de sable qui dominent notre campement. Arrivés au sommet, le panorama est impressionnant. C'est comme si une bande de sable infinie coupait en deux ce désert de plaines. On redescend en courant et on déclenche une mini avalanche qui produit des vibrations sous nos pieds et surtout une musique lente et envoutante, comme le souffle d'un digeridoo: le chant des dunes.

    Mongolie Mongolie

    J5 -

    Nuit plus difficile, perturbée par les plaintes des vaches. On reprend la route sous un soleil de plomb pour arriver à un véritable oasis au milieu du désert. Petit lac, presque aussi profond qu'une flaque ou poussent quelques arbustes. Au loin, des rocs de terre rouge s'enflamment au coucher du soleil.

    Le soir, plus un souffle de vent et le lac devient aussi lisse qu'un immense miroir au reflet parfait.

    J6 -

    Très longue journée de route. C'est aussi ça la Mongolie: de longues heures de "tape-cul" au paysage monocorde. Mais tout doucement le panorama se transforme. Au matin dans le désert, on arrive le soir au milieu de plaines et de montagnes vertes où coulent de nombreux ruisseaux. C'est un peu avec cette image que j'imagine l'Ecosse.

    On est accueilli par une famille de nomades qui élèvent des yaks, vaches miniatures aux longs poils. Pas de lait de jument (ouf!) mais le fromage n'est pas des plus raffinés: très fort, très sec.

    Le ciel chargé nous amène notre premier orage et on s'endort avec la musique de la pluie sur le toit de notre ger et le grondement des éclairs.

    Mongolie Mongolie

    J7 -

    Les chevaux mongols sont à l'image des yaks, assez petits. La selle mongole quant à elle n'est qu'une planche de bois recouverte d'un maigre tapis et après quelques chevauchées j'entends déjà les plaintes de mon coccyx. Loin des "chevaux-moutons" qu'on a pu avoir lors de précédentes expériences, mon fidèle compagnon est un vrai bonheur à "piloter" et écoute parfaitement mes directives, ou presque. Je me voyais galoper cheveux et crinière au vent au cœur de la steppe, mais je n'irai pas plus vite que le trot car à chaque accélération je glisse dangereusement vers l'arrière.

    Le paysage est toujours aussi somptueux, et quelques arbres viennent s'accrocher au flanc du relief, ce soir, ce sera feu de camp.

    On campe dans un endroit presque isolé, presque je dis bien, car des nuées de mouches et de moustiques viennent nous harceler.

    J8 -

    Nos montures sont reparties avec leur guide, il est temps pour nous d'user nos souliers. La ballade sera courte jusqu'à notre prochain campement et toujours accompagnée de nombreuses mouches, j'ai l'impression d'être un troll. Surpris par la pluie on s'arrête dans le ger d'une famille de nomades. Ils sont cinq à vivre dans cette petite maison à la pièce unique. 3 lits, quelques meubles et une cheminée centrale qui sert de chauffage centrale et de cuisinière. Voilà presque tout ce qui compose cette modeste habitation. Le feu est alimenté avec les bouses de vaches séchées, bel exemple de recyclage. La maitresse de maison nous offre du fromage aussi dur qu'une pierre agrémenté d'une espèce de beurre 100% matière grasse (Faut vraiment que la France vienne au secours de la Mongolie pour leur apprendre l'art du fromage)

    Après la pluie on grimpe (seulement les hommes) au sommet de la montagne qui surplomble notre campement. Le panorama à 360° qui s'offre à nous est juste grandiose: à perte de vues, dans toutes les directions, collines, montagnes, plaines et lacs et pas un signe de la présence de l'homme.

    J9 -

    On continue notre petite marche dans les bois assortis de passages bien boueux. Après 3h, on retrouve notre chauffeur, toujours tout sourire et c'est en chanson qu'il nous conduit à notre prochaine étape. Au cœur de la montagne, au milieu d'une crevasse s'écoule une petite cascade aux faux airs de cenote mexicains. L'étape aurait pu être parfaite si le temps avait été un peu plus ensoleillé et que nous avions pu en profiter pour nous baigner... et nous laver...

    Dans le camp les enfants viennent jouer aux cartes avec nous et semblent trop heureux de finir notre dessert. Ils ont la mine toute crassouille, le visage bruni par le soleil et les joues rougies par l'hiver. Ils essaient de nous apprendre à compter dans leur langue mais c'est déjà impossible de répéter leur prénom, alors compter....

    J10 -

    On roule jusqu'à l'ancienne capitale de l'empire mongole: Karakorum. On visite le monastère bouddhiste Erdene Zuu fondé au 16è siècle. Ce qui nous amène vraiment à la conclusion que l'on ne vient pas en Mongolie pour ses villes ou pour ses sites historiques, mais bien pour ses splendides paysages.

    Le soir, l'orage vient détruire complètement notre campement. Le vent casse 2 des arceaux de notre tente (déjà pas bien en forme) et souffle complètement celle de Nico et Marie. Bonne crise de rire sous la pluie, le vent et le sable: la douche devient urgente.

    Mongolie Mongolie

    J11 -

    Longue, très longue journée de route pour retourner sur Ulaan Bataar. On s'en met plein les yeux, une dernière fois, de jolis paysages avant de retourner dans la morne capitale.

     

    La Mongolie est un voyage unique et différent. Avec ces routes difficiles, ces véhicules russes en piteux état, le confort plus que rudimentaire des campemants, la nourriture pas vraiment raffinée (...) je déconseille la destination à ceux qui rêvent de vacances tranquilles et reposantes. Passioné des villes et des technopoles passe également ton chemin, à voire la grise et triste capitale on comprend pourquoi le taux d'alcoolemie de la population est si élevée. Mais si vous voulez vous en mettre plein les yeux de paysages infinis et magnifiques, si vous voulez vivre une expérience rare et pourtant si simple, n'hésitez pas...

    Et on termine en musique:

     
    Mongolie

    Comments (3)

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    Encore un beau voyage
    C'est le dernier pour, pour le moment je pense, mais c'est encore super.
    12 Aug.
    mariewrote:
    c'est agréable de revivre ce voyage en vous lisant!!!!
    Sinon, depuis que je suis rentrée, je suis un entrainement intensif "le rami pour les cas désespérants", alors il me tarde de refaire  une partie avec vous, je suis tellement sure de moi que je suis prête à parier mon stock de fromage mongol.....on se lèche les babines!!!!  

    marie
    10 Aug.
    Coucou!
    Merci pour ce dernier billet (du moins pour ce tour du monde ci :))
    On a hate de vous revoir le weekend prochain... et d' ici la on vous embrasse tres fort.
     
    XavMel 
    8 Aug.

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